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Etre chercheur en Californie // University of Southern California

Aujourd’hui un article un peu différent puisque je laisse la parole à Axel ! Car oui nous vivons en Californie mais à la base c’est quand même pour un travail de Post-doctorant.

Alors c’est quoi être chercheur en Californie ? Les plus, les moins, les différences par rapport à la France. Nous allons essayer de répondre à toutes ces questions !

 

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Parles-nous de ton Université

 

Depuis maintenant 2 ans, je suis chercheur en Neurosciences à USC (University of Southern California), plus exactement sur le campus science HSC (Health Science Campus) situé à 5 km de Downtown Los Angeles.

Fondée en 1880, USC est de nos jours considérée comme l’une des plus sélectives et productives dans le domaine de la recherche sur le cancer, la thérapie génie, ou encore les neurosciences.
L’institut neurogénétique Zilkha (ZNI), où je travaille, a été fondé en 2003 et comporte maintenant des équipes de recherche de renommée mondiale, concentrées en particulier sur la maladie d’Alzheimer.

Les campus de USC, en particulier le campus principal UPC (University Park Campus), comme les campus américains en règle générale, sont très agréables, avec de très belles architectures.

Malgré un trafic dense, l’accès à l’université est également grandement facilité par la mise à disposition de navettes – gratuites et très fréquentes.

Comme toutes les universités nord-américaines, la vie sportive est très présente et anime quotidiennement le campus. La fameuse équipe de football américain USC Trojans en est l’exemple.

 

 

Quel visa pour exercer en tant que Post-doctorant ?

 

Je possède un VISA J1 que j’ai obtenu à la fin de mon doctorat et qui est renouvelable par mon université américaine. Grâce à ce visa j’ai pu obtenir mon permis de conduire, un numéro de sécurité social, et l’on peut également rentrer et sortir du pays sans limite (en prévenant l’université avant par contre).

 

 

Sur quoi travailles-tu ? (En simplifiant bien entendu…)

 

Mon travail consiste à étudier certaines maladies neurodégénératives, principalement la maladie d’Alzheimer et la sclérose latérale amyotrophique (SLA), pour en comprendre les mécanismes afin de les appréhender et de pourquoi pas, dans un futur plus ou moins proche, les stopper complètement.

On travaille à la fois chez l’homme et sur des modèles animaux avec les dernières techniques de pointe du moment. Permettant ainsi de visualiser le cerveau dans son ensemble mais aussi le petit neurone en fonctionnement, ainsi que les organites présents à l’intérieur de ces cellules nerveuses.

Pour ma part, j’utilise beaucoup l’imagerie par résonance magnétique (IRM) en développant de nouvelles séquences, de nouveaux produits de contraste injectables et de nouvelles approches mathématiques pour améliorer l’analyse des images.

 

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Comment se déroule une semaine de travail en tant que chercheur ?

 

En tant que PhD (grade de docteur, qui signifie Philosophy Doctor), à la différence d’un étudiant, je n’ai pas de supérieur direct (mis à part le chef du laboratoire) pour conduire ma recherche.
Nous planifions donc nos expériences en fonction de la disponibilité du matériel (souvent partagé avec d’autres équipes de recherche) et des collaborateurs également.
Nous vérifions que tout est prêt pour débuter l’expérience et que toutes les matières premières sont présentes (produits, reactifs, etc). Pour ma part, je dois aussi coordonner avec l’hôpital le planning IRM et mon analyse d’image.

Les mois sont souvent découpés en :
1. Reflexion, 2. Planification, 3. Action, 4. Analyse et 5. Conclusion.

Nous avons une réunion de labo tous les vendredi midi pour exposer nos expériences, plans d’expériences, résultats etc… à l’équipe et au chef d’équipe. Ce qui permet d’échanger sur ce qui n’a pas fonctionné ou fonctionné, les prochaines expériences, etc…

 

 

Ton environnement de travail est-il le même qu’en France ?

 

L’environnement de travail est assez équivalent. J’ai eu la chance de faire mon doctorat dans un bon laboratoire français, donc même si le niveau augmente d’un cran, ça ne s’est pas trop ressenti.

 

 

As-tu des congés de travail ?

 

Oui, 12 jours de congés par an, plus 12 jours de congés maladie. Et nous avons également des vacances (données par USC) entre Noël et le Jour de l’An.

 

 

Les + par rapport au travail de chercheur en France ?

 

Les équipes de recherche sont très compétentes, avec des individualités (techniciens et étudiants) plus performantes.
Les chefs d’équipes sont très bons avec un « Nom » (et oui, la fuite des cerveaux…).
On peut rajouter à ça, plus d’argent alloué pour la recherche par le gouvernement (contrairement à la France où il n’y a quasiment aucun fond de débloqué, ce n’est apparemment pas une priorité dans ce ci beau pays qu’est le miens…).
Genevieve Fioraso, a donc encore du boulot, pour faire évoluer la recherche en France.

Le salaire est également plus haut, il n’y a pas de mal en même temps… Et la qualité de vie qui n’a pas d’égal en ce qui me concerne : la Californie, il y a pire.

 

 

Ce que tu aimes le moins ?

 

Leur système de sécurité sociale où il faut débourser des millions pour le moindre pépin et être loin de la famille.

 

Merci Axel d’avoir répondu à ces quelques questions 😉

 

 

Comments

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14 thoughts on “Etre chercheur en Californie // University of Southern California”

  1. Ah ah ! Pareil par ici… On pensait en parler aussi un jour sur le blog ! Les conditions de travail sont effectivement très différentes (financements, management…). En revanche, je ne sais pas comment c’est pour ton « grand témoin », mais l’ambiance de travail n’est pas toujours aussi dynamique qu’en France. Les gens sont très « focus » sur le travail, et n’allient pas trop pro et bonne entente sociale. Un peu dommage…

    1. Dans son équipe, il ne rencontre pas ce problème, la bonne humeur règne la majeure partie du temps. Nous les voyons d’ailleurs très souvent en dehors du labo (soirée, sortie sur LA,…). Il y a également, très régulièrement des soirées organisées chez leur chef, les conjoints sont bien évidemment invités, on passe la soirée tous ensemble et c’est super sympa ! Donc non, l’ambiance est vraiment très bonne ici, ils ne restent pas bornés sur le travail, on est plutôt chanceux pour cet aspect !

      1. Waouh, c’est chouette !! On a été déçus par ce côté-là… ça a été long de se faire des copains du coup ! A voir d’autres copains postdocs aux US, j’ai l’impression que c’est quitte ou double, en général.

        1. Oui c’est certain il y a quelques labo où ce n’est que travail, c’est bien dommage je trouve… Mais bon si vous avez réussi à trouver des gens sympas dans le coin c’est le plus important 😉

  2. très intéressant .. et son sujet de recherche est vraiment chouette .. bon, on a rencontre quelqu’un un jour de USC .. le site a l’air sympa : qui sait, je viendrais peut être faire un tour avec ma seconde …

  3. J’ai aussi le même dans un tout autre domaine 🙂 Mais un peu comme le mari de Karine, l’emploi du temps est très libre, même si officiellement il avait 5 semaines de vacances en plus des congés de l’université (c’était le seul du groupe, je crois qu’ils avaient flairé le français !!).
    Concernant la sécurité sociale, je pense que ça dépend beaucoup des universités : au Texas, on est bien couvert, mais on paye vraiment cher, alors qu’au Caltech, on payait beaucoup moins qu’en France et avec une super couverture, une assurance vie, etc.

    1. L’assurance maladie à USC est assez cher et franchement il y a encore pas mal de choses où ne sommes pas du tout remboursé, alors que nous avons pris la « meilleure » qu’ils nous proposaient… Alors soit c’est normal et il va falloir que je me fasse à l’idée… Soit notre assurance est une des pires !

      1. Pour le coup nous on a du bol, Stanford lui paye entièrement son assurance santé (avec complément dents et yeux) et ya que moi qui paye la mienne (à 1/5 de son prix réel)!

        1. Oui, je pense que ça dépend vraiment de la volonté des universités. Quand on est arrivé au Texas et qu’on a été choqué par les prix (on paye qqch comme $260 par mois pour une PPO, dont 250 pour moi !), ils nous ont expliqué qu’avant ils avaient d’autres options, mais que réductions de coûts oblige…Mais en fait, c’est surtout une politique salariale différente, car il y a plein d’autres détails où on se rend compte qu’on était très chouchouté au Caltech…
          En tout cas, Melo, je ne sais pas si vous avez l’assurance la pire, mais c’est vrai que même si certains s’en sortent mieux qu’en France ou pareil au niveau assurance maladie, ça reste un gros problème dans l’ensemble aux US. :-s

          1. Nous on doit payer dans les $200 par mois également (retiré du salaire du coup je n’ai plus la somme exacte en tête)… pour une POS… alors la différence avec une PPO ?! Je n’en sais rien du tout, il me semble que c’est juste un peu moins bien… Que du bonheur 🙂

  4. Ah tiens j’ai le meme à la maison, bon dans un autre domaine… Par contre lui il a autant de vacances qu’il veut entre guillemets. Tant que son boulot est fait, il ne tient aucun compte de ses jours de congés 🙂 Et comme il n’a pas de travail de labo (il bosse sur pc uniquement), ben il peut travailler de la maison quand il veut!

    A+
    Karine

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